Prévenance

Parrainage

 

Carole Bouquet,
actrice
Après une enfance solitaire entre un père, centralien et ingénieur en BTP, et une sœur aînée,  la petite Carole devient pensionnaire à 10 ans chez les sœurs Dominicaines de Mortefontaine. Elle grandit sans l’image d’une mère, très tôt partie refaire sa vie loin de ses deux filles. Après la pension, elle s’inscrit au Conservatoire.
A 17 ans, son bac en poche, elle croise lors d’un dîner le metteur en scène Serge Moati qui lui suggère de présenter le concours d’entrée du Conservatoire. Son premier casting à 18 ans est un coup de maître, elle décroche un rôle dans Cet obscur objet du désir de Luis Bunuel. Le grand public la découvre en 1981 en James Bond Girl face à Roger Moore dans Rien que pour vos yeux. Timide, la jeune actrice va cependant ponctuer sa filmographie de rencontres avec les grands du cinéma. Après des prestations remarquées (Rive droite rive gauche, Spécial Police) elle retrouve, en 1989, le réalisateur Bertrand Blier qui lui avait offert un petit rôle à ses débuts dans Buffet froid. Sur le tournage de Trop belle pour toi, elle donne la réplique à Gérard Depardieu et à Josiane Balasko. Ce rôle aux antipodes du personnage récurrent de femme fatale vaut à l’actrice le César de la meilleure actrice.
Elle révèle un facette méconnue de sa personnalité en acceptant de jouer son propre rôle dans le film de son ami Michel Blanc, Grosse fatigue en 1994. Sous la direction de Claude Berri elle interprète une résistante passionnée dans Lucie Aubrac aux côtés de Daniel Auteuil. Fidèle, Carole Bouquet cultive les amitiés professionnelles, on la retrouve ainsi au casting d’Un pont entre deux rives (1999) de Gérard Depardieu et d’Embrassez qui vous voudrez (2002) de Michel Blanc. Sa carrière théâtrale lui permet d’endosser de grands rôles classiques du répertoire de Racine notamment Phèdre en 2002 mise en scène par Jacques Weber et Bérénice en 2008 mise en scène par Lambert Wilson.
Après avoir été maîtresse de cérémonie du festival de Cannes (1995), elle est membre du jury de la 67e édition du festival en 2014.
En septembre 2017, elle fait son retour dans une série policière, La mante diffusée sur TF1, aux côtés de Fred Testot et Pascal Demolon.
Actrice engagée, Carole Bouquet met sa notoriété au service des mal-logés et assure son soutien au Droit au Logement (DAL). Depuis 1987, elle est la porte-parole de l’association La Voix de l’enfant, créée en 1981.
Jean Claude Carrière,
écrivain, scénariste et metteur en scène 
Jean-Claude Carrière est un écrivain, scénariste, parolier, metteur en scène, et acteur. Ancien élève du Lycée Lakanal et de l’École normale supérieure de Saint-Cloud.
Après une licence de Lettres et une maîtrise d’Histoire, il abandonne sa vocation d’historien pour le dessin et l’écriture. Il publie en 1957 son premier roman, Lézard, et rencontre Pierre Étaix chez Jacques Tati avec qui il cosigne des courts et des longs métrages.
Jean-Claude Carrière a très souvent travaillé sur des adaptations littéraires, tant pour le théâtre que le cinéma ou la télévision, rencontrant très fréquemment un succès critique et public.
Sa collaboration avec Buñuel durera dix-neuf ans jusqu’à la mort de ce grand réalisateur. Parallèlement, il poursuit sa carrière de dramaturge et adaptateur en particulier avec André Barsacq, Jean-Louis Barrault et Peter Brook. Au cours des années 1980, il adapte Le Mahabharata qui sera mis en scène par Peter Brook au théâtre et au cinéma. Il a reçu le Molière de la meilleure adaptation pour La tempête également mise en scène par Peter Brook en 1991 qui vient d’être jouée à nouveau à la Comédie Française au début de l’année 2018. Sa pièce La Controverse de Valladolid concernant un procès ecclésiastique du 16ème siècle relatif à l’existence d’une âme chez les indiens d’Amérique du Sud fut tournée en un téléfilm réalisé par Jean – Daniel Verhaerghe en 1991 et jouée au Théâtre de l’Atelier en 1996. Elle est depuis longtemps au programme des classes de littérature française au Lycée.
Il travaille aussi régulièrement avec le réalisateur tchèque Miloš Forman. Parmi les scénarios écrits par Jean-Claude Carrière, notons Le Tambour, Un papillon sur l’épaule ou encore Le Retour de Martin Guerre qui lui vaut le César du meilleur scénario original avec Daniel Vigneen en 1983. Il s’attaque également à l’adaptation d’œuvres littéraires comme Cyrano de Bergerac, Le Roi des Aulnes ou encore L’Insoutenable légèreté de l’être. En 2007, il co-signe avec le réalisateur le scénario du film de Volker Schlöndorff, Ulzhan qui est présenté au Festival de Cannes. La même année, il écrit Les Mots et la chose pour le couple Jean-Pierre Marielle, Agathe Natanson joué au Théâtre de l’Œuvre. Après le Dictionnaire amoureux de l’Inde (2001), il publie le Dictionnaire amoureux du Mexique en 2009 chez Plon, pays qu’il connaît parfaitement. Il ne se contente pas d’aborder des thèmes littéraires, il démontre son intérêt pour la science en étant également l’auteur de Conversations sur l’invisible (avec Jean Audouze et Michel Cassé), Retour sur le visible (avec Jean Audouze), Entretiens sur la multitude du monde (avec Thibaut Damour), Einstein, s’il vous plait et du nouveau dans l’invisible (à nouveau avec Jean Audouze et Michel Cassé). En collaboration avec Umberto Eco, il publie en 2009 N’espérez pas vous débarrasser des livres paru chez Grasset. Enfin, ses livres les plus récents portent les titres Croyance pour lequel il reçut le prix Psychologies – FNAC en 2016 et la Paix.
Il a reçu de nombreux prix (« César », « Molière »…) dont un «Oscar d’honneur» pour l’ensemble de son œuvre de scénariste aux Governors Awards en 2015.
Signalons, enfin, que Jean – Claude Carrière créa la FEMIS (la Fondation Européenne des Métiers de l’Image et du Son) dont il fut le premier Président : la FEMIS est la grande école française du cinéma et de la télévision. Il préside le Printemps des Comédiens de Montpellier et joua pendant longtemps un rôle important à la SACD.

« Tout repose sur la transmission, et c’est pour cette raison que j’ai fondé la FEMIS, en 1986, à la demande de Jack Lang. La France manquait d’une grande école de cinéma et de techniciens qualifiés. Mais les consignes que nous donnions aux enseignants (tous des professionnels en exercice) étaient claires: Il faut dire comment faire, il ne faut jamais dire que faire ».

Emmanuel Demarcy Mota,
directeur du Théâtre de la Ville et metteur en scène
 À dix-sept ans Emmanuel Demarcy-Mota fonde la troupe des Millefontaines avec ses camarades du lycée Rodin, et continue cette expérience alors qu’il est étudiant à La Sorbonne. Ensemble, ils abordent les pièces de nombreux auteurs européens (Büchner, Shakespeare, Pirandello, Brecht, Kleist…).                                                     Révélé avec Peine d’amour perdue de Shakespeare, il est nommé en 2001 directeur de la Comédie de Reims. Il ouvre sa première saison avec deux créations de Fabrice Melquiot L’Inattendu et Le Diable en partage, un auteur auquel il restera fidèle. Il créé ensuite successivement Six personnages en quête d’auteur de Pirandello, Rhinocéros de Ionesco, d’Homme pour homme de Brecht, Casimir et Caroline d’Horváth.
Il est nommé directeur du Théâtre de la Ville en janvier 2008, il y renforce la diversité de la programmation en lui donnant une tonalité encore plus internationale avec une ouverture au théâtre en langue étrangère. Son projet se fonde également sur trois programmations spécifiques : le concours Danse élargie ; Chantiers d’Europe, qui soutient une jeune génération d’artistes venant de pays européens et le Parcours enfance & jeunesse, qu’il lance en octobre 20011 an associant plusieurs théâtres parisiens. Il fonde la Troupe du Théâtre de la Ville, composée d’acteurs et d’autres complices de la première heure avec laquelle il créé Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac, Le Faiseur de Balzac, Alice et autres merveilles de Fabrice Melquiot et dernièrement L’État de siège d’Albert Camus. En octobre 2011, il lance la première édition du Parcours enfance & Jeunesse en associant plusieurs théâtres parisiens, l’année de sa nomination à la tête du Festival d’Automne.
Alors que le site historique du Théâtre de la Ville ferme ses portes pour travaux en 2016, Emmanuel Demarcy-Mota et ses équipes s’installent à l’Espace Cardin, lieu qui lui permet de développer des liens entre les différentes disciplines artistiques avec d’autres disciplines comme la science, le sport. Le lien art et science se développe notamment en partenariat avec l’association Prévenance. La programmation se déploie ainsi dans ce nouveau lieu, au Théâtre des Abbesses et hors les murs dans de nombreux théâtres partenaires.
Marc Mézard,
directeur de l’ENS Paris (École normale supérieure) 
Marc Mézard est directeur de l’ENS Paris (École normale supérieure) depuis avril 2012. Il a été reconduit dans ses fonctions à la tête de l’ENS le 17 avril 2017 pour un mandat de cinq ans.
Il a été administrateur provisoire de la Comue PSL (Paris Sciences et Lettres) de juin 2017 à octobre 2017.
Normalien (1976), agrégé de physique, Marc Mézard est un spécialiste de la physique statistique. Après une thèse de 3e cycle en 1980, il entre au CNRS en 1981 et soutient une thèse d’État trois ans plus tard au laboratoire de physique théorique de l’ENS.
Enseignant à l’École polytechnique, Marc Mézard est directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire de physique théorique et modèles statistiques (UMR CNRS-université Paris-Sud).
En 2001, il rejoint le LPTMS (laboratoire de physique théorique et modèles statistiques) de l’université Paris-Sud, où il porte le projet Palm (Physique : atome, lumière, matière), devenu laboratoire d’excellence (Labex) et composé de 700 chercheurs physiciens permanents.
Marc Mézard est l’auteur de plus de 170 publications et de deux livres. Il a, entre autres, effectué des recherches au sein des universités La Sapienza à Rome entre 1984 et 1986, l’UCSB (Kavli Institute de Santa Barbara), ou encore l’UCB (Mathematical Sciences Research Institute de Berkeley) aux États-Unis.
En 1990, il s’est vu attribuer la médaille d’argent du CNRS, et, six ans plus tard, le prix Ampère de l’électricité de France par l’Académie des sciences. En 2009, le prix Humboldt lui a été décerné.
Marie Rose Moro,
professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Descartes, directrice de la Maison des adolescents de Cochin (AP-HP)
Professeure de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Descartes, directrice de la Maison des adolescents de Cochin (AP-HP), Marie Rose Moro est également la chef de file d’une discipline encore méconnue, atypique, au carrefour de l’ethnologie et de la psychanalyse : la psychiatrie transculturelle. Elle affirme avec conviction, et une sereine énergie, que cette discipline gagne du terrain. « Pas de doute, ça diffuse ! » Ajoutons : en grande partie grâce à elle. Elle explique : « A l’école, on tient plus compte de la langue maternelle des enfants de migrants, de l’importance de leurs histoires de vie. Quand j’évoquais cela, il y a une dizaine d’années, j’avais l’impression de n’être pas audible. Maintenant, l’Education nationale me sollicite sans cesse pour venir en parler… »
Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Marie Rose Moro a toujours été entre deux mondes. Née en 1961 dans la petite ville de Ciudad Rodrigo, en Castille alors franquiste, elle n’a pas 1 an quand elle quitte l’Espagne : son père a trouvé un travail de bûcheron dans un petit village des Ardennes, où la famille – Marie Rose aura quatre frères et sœurs – va tenter de construire une vie meilleure. De ces premières années de « fille d’immigrés », comme on disait alors, elle garde un souvenir marquant. « Un jour, je me suis demandé pourquoi on m’appelait Maria del Rosario à la maison et Marie Rose à l’école. J’en ai parlé à mon instituteur, il m’a répondu que ce nouveau prénom m’aiderait dans la vie. Je commençais à découvrir que je faisais partie d’un groupe singulier, et que j’avais intérêt à comprendre ce qui se passait. »
Elle comprendra si bien qu’elle franchira, vingt ans plus tard, le seuil de l’hôpital d’Avicenne (AP-HP) de Bobigny, dans ce « 9-3 » où cohabitent des populations venues du monde entier, pour se former à la psychiatrie avec Tobie Nathan. Lui-même élève de Serge Lebovici – génial psychanalyste des tout-petits –, il est alors le seul, en France, à développer la technique de l’ethnopsychanalyse, destinée aux migrants. Pour la jeune interne passionnée de philosophie, qui a choisi de devenir médecin car c’était le métier dont son père rêvait pour elle – « mon mandat transgénérationnel » –, c’est le déclic.
En choisissant la psychiatrie, Marie Rose Moro avait déjà trouvé le moyen de réunir le corps et l’âme. A la croisée des savoirs transmis par Nathan et Lebovici, elle va défricher sa voie : en 1989, elle ouvre sa propre consultation transculturelle, qu’elle destine en priorité aux enfants de migrants. Avec son équipe de thérapeutes et de traducteurs, elle y reçoit des familles venues du Maghreb, d’Afrique noire, d’Asie du Sud-Est – quand elle n’est pas elle-même en Indonésie, au Guatemala ou en Afghanistan, pays sinistrés par la guerre ou les catastrophes naturelles où elle se rend régulièrement dans le cadre de Médecins sans frontières.
En 1998, elle crée le premier diplôme de psychiatrie transculturelle, ainsi qu’un laboratoire de recherche sur le même thème. En 2000, elle fonde L’Autre, revue de médecine transculturelle francophone dont elle assure toujours aujourd’hui la direction scientifique. Un an plus tard, elle prend la direction du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent d’Avicenne. Elle la gardera jusqu’en 2013, tout en étant également devenue, à partir de 2008, responsable à l’hôpital Cochin de la Maison des adolescents (ou maison de Solenn), ouvert quatre ans plus tôt. Entre deux mondes, une fois de plus. Plus belle, plus accueillante et mieux financée que d’autres, la Maison des ados du 14e arrondissement de Paris ne reçoit pourtant pas seulement de jeunes névrosés venus de milieux favorisés : ce serait mal connaître Marie Rose Moro, qui a infusé dans ce lieu, au fil des ans, un peu de sa psychiatrie transculturelle.
« La thérapeutique transculturelle n’appartient pas seulement à la banlieue, elle est au cœur des cités européennes ! sourit-elle. Avec mon équipe, nous l’avons élargie aux jeunes mères et à leurs bébés, à l’adoption internationale, aux mineurs isolés et, maintenant, aux jeunes gens radicalisés. » A Cochin, elle a découvert aussi des pathologies spécifiques aux adolescents, troubles du comportement alimentaire et phobies scolaires notamment. « Je n’en voyais pas à Bobigny, s’étonne-t-elle. Comment imaginer qu’on ne trouve pratiquement pas ce type de troubles dès qu’on passe le périphérique ? » De ce grand écart entre la banlieue et le cœur de la ville, elle tire un enseignement : « Il y a un codage social du corps des adolescents, qui agit sur leur fonctionnement, sur leur vie, sur leurs blessures. » Cette femme qui travaille à un avenir mieux métissé débattra, dans le cadre du Monde Festival, avec la psychanalyste Marie-France Hirigoyen, sur un thème qui résonne avec son métier : apprendre à vivre dans un monde toujours plus dur.
Lilian Thuram,
footballeur, Président de la Fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme.
Né en Guadeloupe , Lilian Thuram a connu une carrière prestigieuse de footballeur international: champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, vice-champion du monde en 2006 ainsi que de nombreux titres en club. Il détient le record de sélection en Equipe de France masculine.
En 2008, il a créé la Fondation Lilian Thuram, éducation contre le racisme.
CONTRE LE RACISME, IL FAUT ÉDUQUER
« On ne naît pas raciste, on le devient » , cette vérité est la pierre angulaire de la Fondation Education contre le racisme, pour l’égalité. Le racisme est une construction intellectuelle, politique et économique. Nous devons prendre conscience que l’Histoire nous a conditionnés, de génération en génération, à nous voir d’abord comme des Noirs, des Blancs, des Maghrébins, des Asiatiques … Nos différences deviennent des inégalités générées par des mécanismes de domination qu’il est nécessaire de déconstruire. N’est-il pas temps de nous considérer avant tout comme des Êtres humains ?
Nos sociétés doivent intégrer l’idée pourtant simple que la couleur de la peau, le genre, la religion, la sexualité d’une personne ne détermine en rien son intelligence, la langue qu’elle parle, ses capacités physiques, sa nationalité, ce qu’elle aime ou déteste. Chacun de nous est capable d’apprendre n’importe quoi, le pire comme le meilleur. Nous souhaitons transmettre cet enseignement, avec des supports pédagogiques, organiser des activités et des événements, et inculquer ces valeurs par l’intermédiaire des parents, de l’école et du sport.